10/10/2011 : WebEvent ISR et Pauvreté

10 octobre 2011, 17h00 WebEvent

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Théoriquement, l’idée semble attrayante : l’Investissement Socialement Responsable pourrait  contribuer à réduire la pauvreté en investissant dans des sociétés agissant en ce sens. Ce choix s’avérerait même payant : tout en se positionnant sur des marchés innovant et en pleine croissance, les sociétés qui mettent en place des programmes dédiés dans leur coeur de métier appréhenderaient mieux les risques liés à leur présence dans les pays du Sud. Le couple rendement/risque, objectif final de l’investisseur, serait donc amélioré.

  • Comment une entreprise privée peut-elle contribuer réduire la pauvreté ?
  • Quels partenariats peuvent être mis en œuvre sur le terrain ?
  • Pourquoi ces actions rejoignent-elles l’intérêt de l’actionnaire ?
  • Quels indicateurs ESG intégrer à l’analyse des sociétés et aux décisions d’investissement ?

ANIMATEUR

  • Elodie Vialle, Youphil (rédactrice en chef)

INTERVENANTS

  • Vianney Sauvage,  CARE France (chargé des partenariats) : sauvage@carefrance.org
  • Claire Berthier, Alcyone Finance (responsable ISR) : cberthier@alcyonefinance.com

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PRESENTATIONS DES INTERVENANTS

CARE: Partenariats ONG – Entreprises, des leviers pour réduire la pauvreté
Alcyone Finance: La réduction de la pauvreté, une opportunité pour les investisseurs
Actions Nord Sud : Un FCP pour impliquer les entreprises contre la pauvreté

Alcyone Finance est une société de gestion française, créée en 1992 et spécialisée dans l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Elle travaille notamment en coopération avec des ONG pour intégrer les problématiques de réduction de la pauvreté et d’environnement à ses décisions d’investissement.

Semaine de l'ISR (Investissement Socialement Responsable) - Semaine ISR, du 10 au 16 octobre 2011

Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la semaine de l’ISR. Il était gratuit et ouvert à tous. Vous pouvez réécouter la conférence et consulter librement les présentations. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter directement les intervenants.

Alcyone Finance présente sa vision de l’ISR au Cercle de l’Union Interalliée

Le sélectionneur de fonds M. Philippe Sarica et le gérant des fonds ISR Actions Nord Sud et Actions Planète Durable M. Manuel Decaudaveine ont confronté leur vison de l’Investissement Socialement Responsable lors d’une présentation sur l’ISR organisée par Alcyone Finance le 22 octobre 2010 au Cercle de l’Union Interalliée.

Qu’est ce que l’ISR ?

M. Philippe Sarica a rappelé que l’histoire de l’Investissement Socialement Responsable, depuis les fonds éthique des Quackers Américains des années 20, a été intiment lié à des convictions, idéologiques, religieuses voire des interrogations ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Ces placements n’étaient pas que motivés par la recherche d’un profit financier ; les questions actuellement pertinentes pour la gestion ISR, liées au concept de développement durable, favorisent le fonctionnement économique des sociétés et pas seulement l’éthique personnelle de l’investisseur.

Alcyone Finance a créé ses fonds ISR Actions Nord Sud et Actions Planète Durable il y a bientôt 4 ans dans le but de profiter de deux opportunités de marché liés au développement durable : la croissance dans les pays du Sud et l’environnement. Faisant le constat que ces deux thèmes ne pouvaient être traités comme des thématiques financières classiques, Alcyone Finance a développé une méthodologie propre (Alcyone Select ISR®) intégrant l’analyse de critères extra-financiers. Afin d’aller au-delà des déclarations d’intention des émetteurs, elle a noué des partenariats avec des ONG importantes, CARE France (réduction de l’extrême pauvreté) et FNE (France Nature Environnement regroupant 3 000 associations sur l’écologie) lui permettant de s’appuyer sur leur connaissance terrain approfondie de ces thématiques spécifiques.

L’ISR et la surperformance ?

Au-delà des querelles et des résultats contradictoires établis par les différentes études sur l’ISR,  Philippe Sarica fait remarquer que les indices ISR sous-performent légèrement les indices généraux. Or, il est essentiel que la performance d’un fonds, ISR ou non, soit proche et si possible supérieure à celle des marchés. Il note l’impact du surcoût généré par l’analyse extra-financière.

Manuel Decaudaveine a souligné que la première responsabilité d’un gérant est celle qu’il a devant ses clients. Avant tout, il se doit donc d’être financièrement responsable et de s’efforcer de surperformer le marché. Une des motivations dans la création des fonds était de démontrer que l’ISR est source de surperformance. Depuis plus de 3 ans, c’est le cas : Actions Nord Sud et Actions Planète Durable surperforment l’Eurostoxx50 respectivement en moyenne annuelle de +3,55% et +6,32%.

Quelle stratégie d’investissement choisir ?

En tant qu’investisseur, M. Sarica recommande de privilégier les thématiques de développement durable, et les fonds où l’on peut retrouver des petites et moyennes capitalisations avec un biais de croissance. Si l’ISR attire, ce ne peut être que dans une gestion moyen-long terme.

Actions Nord Sud et Actions Planète Durable sont deux fonds essentiellement large cap issues de l’Eurostoxx600, sélectionnant les sociétés sachant tirer parti des opportunités liées à ces deux thématiques de développement durable. 30% du portefeuille d’Actions Planète Durable est consacré à des valeurs purement environnementales. Avec la création d’une part I en octobre 2010, Alcyone Finance a voulu adapter ses frais de gestion aux investisseurs institutionnels. La collaboration avec les ONG, donnant accès à une expertise interne renforcée, se concrétise également par le don par Alcyone Finance de la moitié des frais de gestions fixes net de frais.

Les Echos spécial ISR – 4 octobre 2010

Article parut dans le supplément spécial ISR du quotidien économique Les Echos du 4 octobre 2010.

Les deux dimensions de l’analyse

Analyse financière et extrafinancière sont-elles antagonistes. Pas à l’usage.

Analyse extrafinancière et analyse financière ont recours à des critères très différents, voire antagonistes. Prenons l’exemple caricatural des licenciements. Ils pourraient être accueillis positivement par des investisseurs, mais constitueraient un handicap dans le cadre de la politique à l’égard des salariés.

Pourtant, la plupart des gérants ISR estiment que ces deux démarches sont complémentaires. C’est par exemple le cas de Claire Berthier, responsable ISR chez Alcyone Finance.

« Dans la gestion d’Actions Planète Durable, nous avons recours à quatre filtres, deux extrafinanciers et deux financiers. Tout d’abord, nous synthétisons l’information reçue de la part de Vigeo et de différents brokers afin d’établir une liste de valeurs éligibles. Ensuite, nous utilisons un filtre financier qualitatif, en analysant la qualité de la direction, la stratégie, les positions concurrentielles et les capacités de croissance des sociétés éligibles. Le troisième filtre -le second ISR -consiste à refaire une analyse en interne à partir d’une méthodologie que nous avons construite avec des ONG. Enfin, la dernière étape est une analyse financière classique. In fine, nous aboutissons à un portefeuille très concentré, fort de 30 à 40 titres conservés pour le long terme. Philips, Air Liquide, Pearson, Unilever et Atlas Copco sont actuellement les principales positions d’Actions Planète Durable. »

Controverses

Vincent Lequertier, gérant d’un des meilleurs fonds ISR, Orsay Investissements ESG., est d’un avis similaire en dépit d’une démarche plus resserrée. « Nous effectuons un premier tri au niveau extrafinancier en retenant les sociétés bien notées par notre fournisseur de données. Il utilise quatre critères : l’environnement, le social, la gouvernance et, plus original, la problématique de la controverse. En effet, certaines sociétés risquent de souffrir d’une éventuelle controverse. Par exemple, les antennes téléphoniques pourraient être sources de nuisances pour la santé, avec donc des conséquences financières pour les opérateurs. Ensuite, je procède à une analyse financière classique pour faire ma sélection de titres. Je n’ai donc pas dispersé mon savoir-faire de gérant. En résumé, l’ISR me donne un panel de sociétés dans lesquelles je peux investir. »

Cette démarche est celle qui est retenue par la plupart des gérants. En procédant à deux (au minimum) étapes bien distinctes et faites chacune par des spécialistes, les deux analyses se complètent sans heurts.

PASCAL ESTÈVE

Source : http://www.lesechos.fr/supplement20101004/sup_special_isr/020811722447-les-deux-dimensions-de-l-analyse.htm